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CLAUDE REISS - European Social Forum - Firenze, 2002

Je vais vous parler des problèmes de santé, qui sont le complément de ce que vient de vous dire mon ami Jean Pierre Berlan. On dit en général dans les pays developpés, en particulier dans les pays européens, que la santé va de mieux en mieux, parce que notre espérance de vie augmente tous les ans, du moins jusque dans les années '90. Jusqu'à ce moment notre espérance de vie augmentait en moyenne de 2 à 3 mois par an. Ce chiffre est en train de se niveler en ce moment. En ce moment l'espérance de vie est en train de diminuer pour les femmes . Tout ceci semble indiquer que les problèmes de santé sont réglés et que nous avons en Europe une politique de santé très favorable. Mais si vous regardez d'une façon plus précise les statistiques de santé publique, vous voyez qu'il n'en est rien. En realité la morbilité, qui indique les gens qui sont malades à un instant donné, augmente tous les ans de façon considérable. L'augmentation est de 2 % tous les ans. Actuellement vous avez, per exemple, 1.500.000 personnes qui tous les ans tombent malades de cancer. Là-dessus vous en avez 1.000.000 qui meurent. Si vous regardez d'une façon encore plus fine les chiffres, vous voyez que dans les tranches d'âge dites "la force de la vie", entre 35 et 65 ans, la 1ère cause de mortalité est le cancer. Pour les femmes, en France, 46% des décès sont liés au cancer . Le cancer du sein touche aujourd'hui une femme sur 7, alors qu'il touchait une femme sur 13. Nous avons donc dans notre environnement des stimulateurs de ce genre de maladies et j'insiste sur le problème du cancer. Ce sont des chiffres qui se dégradent d'année en année et il faut essayer de trouver les causes de cette dégradation, constante. En fait, il ya deux problèmes de fond: le problème de la prévention et le problème des thérapies. Visiblement, la prevention est très mal faite puisqu'il y a une augmentation des personnes qui deviennet cancéreuses tous les ans. Deuxièmement, au niveau des thérapies, il faut dire que les thérapies stagnent, puisqu'il y a tous les ans 1 million de personnes qui meurent de cancer, et souvent dans des tranches d'âge qui ne dvraient pas être concernées par ces problèmes. Vous voyez donc que vous avez dans notre environnement un certain nombre de facteurs, qui sont des facteurs stimulant le cancer. Bien-entendu il y a beaucoup de produits chimiques. Nous avons contact avec environ 100.000 produits chimiques faits de main d'homme, qui sont autour de nous, que nous trouvons dans notre assiette et que nous respirons quand nous traversons la rue, ou même chez nous dans notre domicile. Vous voyez qu'il ya beaucoup d'agents qui peuvent etre cancérigènes. Maintenant entre "peuvent être" et "le sont" il ya une certaine différence: on pense que les additifs alimentaires qui sont dans notre assiette ont été soigneusement verifiés, en ce qui concerne leur pouvoir cancérigène. En réalité il n'en est rien. Parce que si vous regardiez les chiffres officiels qui ont été publiés, en particulier par la Commission de Bruxelles, vous verriez que parmi les 100.000 produits chimiques avec lesquels nous sommes en contact moins du 2 % ont été verifiés quant à leur pouvoir cancérigène ou leur pouvoir toxique en général. Et encore ils ont été vérifiés sur des souris, ou des rats, ou des rongeurs en général. Donc vous voyez que, comme l'a dit tout-à-l'heure le professeur Tamino, en fait, cette idée qu'un animal puisse être un modèle biologique pour l'homme est une idée qui bien-entendu arrange beaucoup les industriels et les responsables politiques, mais qui en réalité n'a aucune valeur pour nous, les hommes. En effet notre biologie est très speciale et chaque espèce a une biologie très particulière. La démonstration de cela est très simple. Une espèce est définie par son isolement réproductif. Cela veut dire que les individus d'une espèce ne pevent pas se croiser avec les individus d'une autre espèce. Cela est dû au fait que leurs caractéristiques génétiques, c'est-à-dire leur génome, est particulier pour chaque espèce. Et il faut se rappeler que les caractéristique genetiques déterminent totalment l'ensemble du comportement biologique de l'individu, qui est spécifique de l'individu. Par conséquent vous avez une démonstration mathématiquement rigoureuse qu'aucune espèce ne peut servir de modèle biologique pour une autre. Donc prendre des rongeurs, ou des chiens, ou des chats, ou des singes, comme modèles biologiques pour l'homme est quelquechose qui n'a pas de sens, qui est totalement antiscientifique. C'est d'un ... total. Néanmoins cela rend beaucoup de services. Je vais vous donner un exemple très simple. Je suis biologiste. Vous êtes fabriquant d'un produit X et ce produit X peut être un peu cancérigène. Vous me le donnez (je suis votre toxicologue) et je vais donner ce produit à une lignée de souris qui est très peu susceptible de développer des cancers. Vous allez avoir, sur une centaine d'individus, 2 ou 3 qui, dans les 90 jours que dure l'expérience, vont effectivement développer un cancer. C'est le bruit de fond (?) et on va dire que le produit est bon pour la consommation. Si maintenat vous avez un concurrent qui fait exactement le même produit que vous venez de me proposer et que vous me dites je voudrais bien que ce produit soit déclaré mauvais pour la santé, très cancérigène , et bien, je vais sélectionner una autre lignée de souris ou de rats, qui elle est très susceptible de développer des tumeurs. Dans 90 jours vous allez avoir 90 ou 95 % des indidividus qui développent des tumeurs. Si, en plus, je nourris très mal les individus qui sont susceptibles de développer des tumeurs et je nourris très bien les individus qui sont peu susceptibles de développer des tumeurs, j'ai gagné encore un facteur 10. Autrement dit, vous avez un facteur 1000 dans le choix de la lignée de souris ou de rats et dans le choix de la diète pour ces animaux, qui vous permettent d'avoir un résultat ou son contraire. Pour l'industriel c'est un très grand avantage d'avoir l'obligation légale de vérifier si son produit est cancérigène ou ne l'est pas. Ceci est particulièrement vrai pour les médicaments. Vous savez que pour un médicament il se passe, en moyenne, de 6 à 8 ans entre la découverte de la molécule et le moment où le médicament peut être mis sur le marché . Durant ce temps là la molécule est généralement testée sur des centaines de milliers de rongeurs, mais egalement sur des chiens et des chats et sur des singes, etc... Au bout de ce temps-là le médicament est mis sur le marché et est considéré: 1) Très efficace au niveau médical. 2) Non toxique ou très peu toxique pour l'homme.
En realité le Ministre français de la Santé a déclaré que chaque anné 20.000 personne perdent leur vie en France à cause des effets secondaires des médicaments. La France est un sixième de la population européenne, donc en Europe environ 120.000 personnes chaque année perdent leur vie à cause des médicaments... Et encore ces pesonnes sont-elles mortes dans les quelques jours qui ont suivi la prise du médicament. Les personnes qui décèdent plus tard, à cause des effets à long terme des médicaments, ne sont même pas considérés dans ces chiffres.
Il y a environ 1,3 million de personnes en France qui tous les ans se retrouvent à l'hôpital a cause des effets secondaires des médicaments. Vous voyez donc que de se fier au modèle animal pour évaluer les risques toxiques et en particulier les risques cancérigènes pour l'homme est une démarche dénuée de toute base scientifique. Et, en fait, on joue à la roulette russe avec la santé des gens en acceptant que les produits que l'on propose pour la consommation, en particulier les médicaments, soient testés sur les animaux.. Il faut donc cesser ce type d'activité. Depuis dix ans nous nous battons pour mettre en place des techniques scientifiques nouvelles, pour évaluer les risques toxiques. J'ai organisé 2 workshops européens sur ces thèmes-là et je peux dire que nous avons maintenant toute une batterie de méthodes qui nous permettent d'évaluer d'une manière très fiable, pour nous les humanis, la toxicité des prouits. Ces méthodes sont très simples: elles sont déduites de la biologie moderne, de la biologie moléculaire et cellulaire en particulier; elles sont très simples et très rapides, infalsifiables. Elles sont juste à l'opposé de ce que l'on peut faire avec le modèle animal. Malheureusement, bien que nous ayons averti les autorités, françaises d'abord et européennes ensuite, de l'existence de ces méthodes et qu'on leur ait dit que ces méthodes permettraient de régler rapidement les problèmes de prévention de maladies comme le cancer, nous n'avons pas été écoutés jusqu'à ce moment.
Il faut que la population européenne en général prenne conscience du fait qu'on laisse en circulation des produits qui sont dangereux pour leur santé et qu'il y a moyen d'evaluer la toxicité de ces produits d'une maniere très simple.
Je vais vous donner un exemple, que nous avons pratiqué dans mon laboratoire. Je travaille au CRNS en France. Vous savez que quand une molécule, un produit chimique, pénètre dans une cellule, elle peut éventuellement attaquer le matériel génétique, l'ADN, qui se trouve dans cette cellule. La cellule a un certain nombre de moyens pour se défendre de ce type d'agression, parce que l'ADN est une molécule fondamentale pour le vivant, et donc la cellule a toute une série de moyens, d'enzymes pour réparer les dégâts apportés à l'ADN. Degâts à l'ADN: cela veut dire produit mutagène, cela veut dire eventuellement produit cancérigène. Nous avons donc récupéré un gène qui est en charge de faire cette réparation. Nous avons donc fait un "gène reporter" que nous avons mis dans une cellule et qui va être mobilisé lorsque l'ADN est attaqué. Et bien: lorsque vous mettez en présence de cette cellule un produit cancérigène qui va attaquer l'ADN, ce gène reporter va vous indiquer ce qui va se passer avec la cellule. Vous pouvez donc ainsi établir un dialogue avec la cellule (et c'est des cellules humaines que nous utilisons) et savoir ainsi ce que ce produit pourra faire à nos cellules à nous. On fait cela sur des cellules qui sont plus importantes que d'autres pour la toxicité , en particulier les cellules du foie, les cellules des reins; on commence par ces cellules là. Et bien, nous avons été au supermarché du coin et nous avons acheté une centaine de produits alimentaires et ménagers, et nous les avons soumis à ces tests. Nous nous sommes aperçus que sur 100 produits, 60 sont mutagènes. Nous sommes donc exposés du matin au soir à beaucoup de produits qui au long terme peuvent poser des problèmes. Nous pensons donc que l'évolution très négative de la morbilité par cancer en Europe est la conséquence de la non verification de toxicité et de la cancerigènité de ces produits.
Ce que nous préconisons est de mettre en oeuvre ces méthodes. Celle dont je viens de vous parler est très simple; maintenant nous avons des méthodes très evoluées, comme les puces à ADN, qui nous permettent de savoir exactement quel est le profil de mobilisation des gènes dans une cellule, par exemple dans la cellule du foie, qui nous permettent de prévoir au long terme ce que ce produit va faire. Je pense que ce sont des méthodes qu'il faut mettre à terme. D'une part vis-à-vis des gens qui sont dans la défense animale, cela leur donnera un certain soulagement, parce que les centaines de millions d'animaux qui tous les ans sont sacrifiés dans les laboratoires pourraient être epargnés et, en retour, notre santé à nous serait préservée. Vous voyez qu'actuellemnt ce recours au modèle animal est une espèce de balancier qu'on lance pour essayer de sauver notre vie et en realité ce balancier nous revient dans la figure et est en train de causer des hécatombes pour ce qui concerne la santé humaine.
Je pense que pour conclure sur ce Forum, François Rabelais qui est un ecrivain Francais de 16ème siècle, disait "science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Nous sommes en train d'assister à un phénomène qui nous permet de dire "science sans conscience n'est que ruine de l'homme". Et, vu que cette science est de plus en plus mal perçue du public, on est en train de réaliser que "science sans conscience n'est que ruine de la science". Les interventions de mes deux prédecesseurs vous montrent que c'est effectivement dans cette direction-là que nous allons.

 
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