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JEAN PIERRE BERLAN - European Social Forum - Firenze, 2002

Je voudrais commencer par un exemple, justement, de ce réductionisme et des conséquences que cela peut avoir dans le domaine de l'agronomie. Cet exemple est le suivant: ça se passe au Kénia et au Kénia le maïs est attaqué par un ravageur qui est une pirale. La pirale est un insecte qui fait des trous à l'intérieur de la tige du maïs. Il y a une pirale européenne. Là il s'agit d'une pirale d'origine asiatique. En anglais on appelle ça "corn-borer". Et le maïs est aussi parassité par une plante qui s'appelle la striga et la striga s'installe sur les racines du maïs et détourne à son profit la photosynthèse. Le résultat est que les attaques de la pirale et le parassitisme de la striga peuvent détruire complètement un champ de maïs et la production de maïs. Dans le cadre d'une démarche réductioniste qui envisage le maïs isolément et chacun de ces ravageurs isolément, on a essayé, évidamment, comme on le fait chez nous, d'utiliser des insecticides et des herbicides. Des herbicides pour se débarassere de la striga et des insecticides pour essayer d'éviter les attaques de la pirale, du corn-borer. Et ça ne marchait pas... Dans les années '80, il y a un institut de recherche qui s'est créé au Kénia, qui est essentiellement dirigé par les africains et avec personnel africain, et qui essaye de mettre au point des techniques douces, des techniques qui prennent en considération l'environnement de la plante. Ces techniques ils les appellent push-pull, repousser-attirer. Alors, pour repousser la pirale on cultive en même temps que le maïs une plante qui est une légumineuse qui s'appelle tespodium. Légumineuse c'est légume-plant: c'est comme le pois, c'est comme le haricot, c'est comme la luzerne c'est comme le soja; donc on cultive cette plante despodium en même temps que le maïs. Alors cette plante a quatre effets. Le premeir effet est qu'elle a une odeur très désagréable pour le papillon de la pirale. Donc le papillon de la pirale va avoir tendance à sortir du champ de maïs et il va sortir du champ de mais d'autant plus facilement qu'on a pris la précaution d'entourer le champ de maïs d'une bordure d'une graminée fourragère qui s'appelle en français l'herbe à elephant, en anglais nappy grass. Et cette herbe à éléphant est appétante, est attirante, pour la pirale . Donc le papillon va déposer ses oeufs sur cette herbe à éléphant, les larves vont se développer et au bout d'un moment les larves vont vouloir entrer à l'intérieur de la tige de l'herbe à éléphant, puisque c'est un insecte fourreur . Une fois que la chenille de la pirale est rentrée à l'intériur de la tige elle se trouve prisonnière d'un mucillage que produit la plante et la plupart des pirales - des chenilles de la pirale - sont ainsi tuées par ce mucillage. Donc vous avez utilisé en quelque sorte une plante, une sorte d'insecticide naturel. Le deuxième effet de despodium c'est qu'en présence de despodium au pied du maïs la striga est incapable de se développer. En quelque sorte despodium agit comme un herbicide, un herbicide très spécifique de la striga. Le troisième point cest que vous avez evidemment une association - qui est le rêve de tout agronome - une association entre une légumineuse et une graminée. Vous savez que les légumineuses fixent l'azote de l'air et apportent de l'engrais au maïs, qui est très friand d'engrais azoté. Le quatrième point c'est que despodium, en plus d'être un engrais vert en quelque sorte, est une plante de couverture du sol, qui protège des sols fragiles du rayonnement solaire et de la pluie.
Alors je résume: dans ces régions où cette technique a été introduite, dans un des villages, le nombre de vaches laitières est passé de 4 à plus de 200; c'est vous dire, si vous voulez, les ressources fourragères considérables qui sont apportées par ce type de techniques, en plus, biensûr, d'une production de maïs qui est fiable et abondante. Or si vous résumez la situation, vous la voyez: voici des techniques qui, en prenant compte qu'elles ont un environnement artificiellemnt construit certes, mais un environnement de la plante, permettent de produire sans utiliser d'engrais chimique, sans utiliser d'insecticide, sans utiliser d'herbicide. Refléchissez une seconde. C'est catastrophique! C'est catastrophique puisque vous avez une augmentation du bien-être des paysans, de leur liberté, comme a dit Gianni, de leur autonomie, vous avez eu donc une augmentation du bien-être des paysans et vous avez en même temps une diminution du PIB, une diminution du produit intérieur brut - vous savez - du "gross national product". Et ça, c'est catastrophique, dans notre société. Donc vous voyez que, à travers cet exemple, il y a certains types de projets (?) techniques qui vont être encouragés, justemant les projets (?) techniques de type productionistes, parce que ce sont des types de projets, de progrès techniques, qui vont créer une dépendance accrue sur le système industriel et qui vont créer une mercantilisation, une marchandisation, accrues. Cest-à-dire que le systhème marchand pénètre de plus en plus profond à l'intérieur même des relations sociales, en même temps qu'on assiste à une destruction de l'autonomie et de la liberté, à travers ce type de progrès technique. Alors qu'il est parfaitement possible d'envisager le progrès technique autrement, je ne vois pas pouurquoi on appellera "science" ce qui est du type réductioniste, qui conduit à ces consquences-là, et pourquoi ce ne serait pas scientifique d'étudier des techniques biologiques, parce que le travail dont je vous parle est un magnifique travail de nature scientifique, du point de vue de la biologie et du point de vue scientifique. Simplement, dans le systhème de pensée, dans l'idéologie scientiste dans laquelle nous sommes, cette approche d'ensemble est évidemment considérée beaucoup moins scientifique que l'approche qui consiste à manipuler des gènes.

n'a rien à voir avec la science qui se fait dans les laboratoires. Il y a le même écart entre la science des laboratoires et la science des manuels qu'il y a entre un animal en liberté et un animal empaillé, et un animal naturalisé. Si les scientifiques sont dans leurs laboratoires, c'est parce qu'ils ne savent pas, ce n'est pas parce qu'ils savent, et c'est donc une absurdité politique de demander à des experts soi-disant sachant, alors qu'ils ne savent rien, ce qui va se passer lorsque nous aurons mis en place une planète transgénique. C'est une absurdité à plusieurs égards: d'une part parce qu'ils n'en savent rien et ils ne peuvent pas savoir - puisque ces techniques sont radicalement nouvelles par rapport à tout ce qu'on faisait - et, deuxièmement, c'est ridicule également parce qu'on s'adresse aux experts: qui sont les experts à l'occurrence? Ce sont ceux qui font les ogm, qui sont à la fois juges et parti. Est-ce qu'en matière judiciaire on fait venir des juges appartenant à la mafia pour juger des procès mafieux? Sous prétexte que ces gens seraient experts, parce qu'ils connaîtraient les milieux mafieux? Non évidemment. Et bien, on en est là en matière de science et technique, on fait justement venir des gens qui appartiennet à la mafia scientifique pour juger de la mafia scientifique. Le troisème point est que les politiques - j'en viens au rôle des politiques - les politiques sont quelquepart dans une relation perverse, je vous l'ai dit, avec les scientifiques. Et la raison est la suivante: cette biologie moderne a pour but, en réalité de biologiser et, plus largement, de génétiser les problèmes politiques et sociaux. Je vais vous prendre simplement un exemple. En 1997 "le Monde" reprenait un article de "Nature" qui disait qu'une équipe franco-américaine avait découvert le gène responsable de l'obésité. Alors j'ai écrit ... On allait étudier la mise à point de nouveaux médicaments et les chercheurs, avant même de publier leurs articles, avaient déposé les brevets. On n'avait pas perdu de temps. Cela s'est présenté comme quelquechose de tout-à-fait positif. Il allait y avoir des relations avec les firmes pharmaceutiques thérapeutiques, avec les entreprises thérapeutiques. J'ai donc écrit une lettre au journal en disant que j'étais heureux de savoir qu'on allait finalement soigner l'obésité, mais que j'avais un problème vis-à-vis de ce qui était publié dans cet article; à savoir que je ne comprenais pas très bien comment cela se faisait qu'aux Etats Unis, où le 25% de la population est obèse, et bien comment en 2 générations seulement il pouvait y avoir un taux de mutation absolument extraordinaire dans la population américaine qui faisait qu'on était passés de quelques dixièmes de pourcent d'obèses dans la population américaine à 25% d'obèses. On n'a jamais vu ça en biologie: une population qui se mette à muter en deux générations à ce point-là. Donc je me demandais s'il n'y avait pas quelquepart une confusion, une confusion entre le systhème environnemental, le milieu en général, dont parlait Gianni, qui est véritablement la cause politique de l'obesité et l'agent de l'obésité qui peut être le gène. Vous voyez que dans cette relation perverse entre le biologiste, ou le scientifique, et le politique, le politique est absolument ravi d'apprendre que l'obésité est dans les gènes, que le cancer est provoqué par les oncogènes! C'est exactement le même type d'explication: pourquoi le politique est-il ravi de l'apprendre? Et bien, parce que cela le débarasse de son problème politique. Savoir si on va lutter contre l'obésité en soignant les gènes ou lutter contre l'obésité en se battant contre Coca Cola-Mac Do, ou leurs clônes, et bien ça, c'est un problème politique. Mais vous voyez que, en l'occurrence, la science et le type d'explication des problèmes politiques et sociaux par la science est un outil absolument central, central , dans la gestion politique de la société ou plutôt dans l'abandon, l'abandon, du rôle politique par le politique. On a vidé complètement la question politique grâce à la science. Et ça, c'est un de ces rôles tout-à-fait importants, en particulier, de cette biologie moderne réductioniste.
Alors le dernier point dont je veux vous parler est la question du brevet.
La question du brevet, je veux vous en dire deux mots, parce que c'est aussi lié à l'approche réductioniste. A l'heure actuelle on est en train de vouloir breveter les gènes et si Vandana etait là elle le dirait mieux que moi. Le brevet est une trè vieiille histoire en biolgie. Nous avons une longue habitude au brevet. Si nous regardons non pas à l'aspect formel des choses, c'est à dire à l'aspect strictement juridique - il est vrai que le brevet sur le vivant est quelquechose de tout-à-fait nouveau sous ce point de vue là - mais si nous regardons à ce que notre société veut faire au vivant, alors là nous avons une très vieille habitude au brevet, parce que dans le domaine du vivant en particulier dans le domaine de l'agriculture il y a un problème central depuis maintenant deux siècles et demi pour les animaux et un siècle et demi pour les végétaux. C'est un vieux problème, qui est lié à l'industrialisation, justement, qui est le fait que tant que le paysan peut semer le grain récolté, le selectionneur semencier n'a pas de marché, voyez vous ... C'est-à-dire, pour le selectionneur ou semencier: le plus grand malheur qui puisse arriver, la plus grande injustice que puisse commettre la nature à son égard, est que les plantes et les animaux se reproduisent et se multiplient dans le champ du paysan. C'est atroce, une chose pareille. Tant que les plantes se reproduisent dans le champ du paysan le capital du sélectionneur ne peut ni se reproduire ni encore moins se multiplier à son bilan. Je suis en train de vous dire que nous sommes, par conséquent, dans une société mortifère, parce que la loi du profit et la loi de la nature sont antagonistes et dans une societé comme la nôtre, bien entendu, c'est la nature qui a tort. Et alors, en 1998, il ya eu un brevet qui a été déposé aux Etats Unis par la recherche publique américaine et une firme privée. Ce brevet s'appelle "contrôle de l'expression des gènes", mais la plupart d'entre vous le connaissent sous un autre nom: c'est Terminator. Terminator est une technique ogm, une technique de transgénèse qui permet pour la première fois de fabriquer des semences qui vont pousser normalement: la plante va pousser normalement , elle va faire des fleurs normalement, mais au moment où le grain se forme la plante est programmée et manipulée pour émettre des toxines qui vont tuer le germe du grain en formation. Et bien cette technique Terminator, dans la perspective longue historique qui est la mienne, dans cette guerre au vivant que notre société mène - encore une fois pour les animaux depuis deux siècles et demi et pour les plantes depuis un siècle et demi - et bien cette technologie est le plus grand triomphe de la biologie appliquée, depuis 150 ans. C'est le triomphe véritablement de la loi du profit sur la loi de la vie. Cela vous illustre parfaitement le caractère mortifère du monde dans lequel nous sommes, à savoir que la propriété la plus fondamentale des êtres vivants, qui est de se reproduire et de se multiplier, est antagonique avec la loi du profit. Et comme je vous l'ai dit, c'est la nature qui a tort. Maintenant évidemment cette guerre que l'on a menée contre le vivant est une guerre qui est restée longtemps secrète pour la raison évidente qu'on ne pouvait pas dire, comme je vous l'ai dit tout-à-l'heure, que c'était un grand malheur que les plantes et les animaux se reproduisent et se multiplient ... Par conséquent on a raconté constamment des ...... et d'ailleurs pour Terminator maintenant on raconte évidemment des ...... pour cacher cette réalité. Et puis toute l'histoire de la biologie appliquée à l'agriculture est celle, en effet, de cette confiscation du vivant. On peut procéder à cette confiscation du vivant avec des méthodes biologiques comme Terminator; mais il y a d'autres méthodes. Il y a des méthodes qu'on appelle les GURT, techniques de restriction et d'utilisation des gènes: ce sont des techniques qui consistent à fabriquer non pas des plantes stériles, mais des plantes volontairement handicappées, et vous forcez l'agriculteur à racheter le handicap. Par exemple vous allez fabriquer des plantes de blé qui vont être volontairement rendues sensibles à telle ou telle maladie. Et l'agriculteur devra racheter un produit chimique, le plus souvent un herbicide, de façon à devoir re-enclencher un mécanisme génétique qui va permettre à la plante d'être "naturellement" protégée de cette maladie. Donc vous fabriquez des plantes volontairement handicappées. Vous voyez qu'on est en plein dans les sciences de la vie... et si vous regardez qui sont les gens qui fabriquent ce genre de choses... ce sont des entreprises qui s'intitulent "des sciences de la vie". Alors, qu'est-ce qu'elles fabriquent ces industries? Elles fabriquent des herbicides, des insecticides, des pesticides, des gamétocides, et la technique emblématique est une technique de stérilisation des plantes ou une technique qui consiste à handicapper les plantes ... vous voyez qu'on est en plein dans les "sciences de la vie ". C'est pour ça que je crois que dans ce domaine-là il ne faudrait pas parler - et je pense que Gianni l'a dit ausssi quelquepart: le côté mortifère de notre société - il ne faut pas parler des sciences de la vie. Il ne faut pas parler des biotechnologies, mais il vaudrait mieux parler des nécrotechnologies, parce que c'est ça l'objectif final de notre société. C'est en effet dans le cadre du vieux projet carthésien, se rendre comme maître et possesseur de la nature, c'est en effet de dominer la nature. Or je pense que nous sommes partie de la nature et ce projet de se rendre comme maître et possesseur de la nature est un projet absolument mortifère, un projet qui est voué à l'échec. Merci

 
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